Hitman - Y’a-t-il un scénariste dans l’avion ?
Je reviens prestement (enfin presque puisque ce billet est posté en léger différé) de voir Hitman, étant un fan de la première heure de ce grand jeu vidéo. Mon a priori était simple : ce film est surement une merde signée Europa Corp. de plus, basée sur une franchise facile, et réalisée avec les pieds. Mais je me devais tout de même de ne pas rater ce moment historique, la rencontre de 47 avec la postérité (ou pas).
Au final, je me rend compte que mon analyse a prioresque était peut être un peu rapide, et que le film possède un gros point fort : il respecte très très bien le jeu originel, tant son ambiance que la réalisation très typée de ses cinématiques (ralentis, fade to white/flash de lumière, musique classique en trame), tout en apportant un nombre proprement incalculable de références au jeu (les armes — encore que je regrette pas mal l’absence de la corde à piano, le canard \o/, la mise en abime, certains lieux très proches de certains niveaux rencontrés dans les jeux, etc.). Petit bonus pour ne rien gâcher, certains plans réalisés à la manière des caméras in-game (plan de dos du personnage, très rapproché avec mise en exergue du tatouage, ou plan de 3/4 haut style caméra de surveillance quand 47 marche dans le couloir vers les toilettes dans lesquelles Mr Price communie avec la nature). Par ailleurs, le mimétisme de Timothy Olyphant avec 47 est assez hallucinant : sa manière de marcher, de bouger, de tenir ses armes, etc., tout y est. A priori les fans lui reprochaient de ne pas assez ressembler au personnage du jeu, a postériori je trouve qu’il campe un excellent 47. Donc à ce niveau là, pas de problème, on retrouve complètement le jeu.
La réalisation quant à elle est sans surprise dirons nous, ni vraiment bonne ni mauvaise, juste efficace… J’aurais apprécié quelque chose de plus recherché, mais passons.
Venons en maintenant là où tout péche : le scénario. Je l’ai trouvé tout bonnement inintéressant, se bornant à repomper des éléments pris ici où là dans des films qui ont cartonné, comme par exemple The Bourne Identity (la fille innocente qui se retrouve mêlée au complot sans le vouloir et tombe amoureuse du héros, la scène du restaurant pendant laquelle Jaso… 47 lui décrit son environnement en faisant style ‘j’ai une mémoire de ouf’, le final ‘Jason m’a payé un magasin de scooters’/'47 m’a payé un vignoble’, etc.), en oubliant d’être vraiment prenant. C’est d’autant plus dommage que le scénario des jeux était sympa, et à mon sens beaucoup plus intéressant car beaucoup plus centré sur le personnage de 47 et ses origines. Mais il devait surement ne pas être assez propice au rajout de nanas à poil… Et en plus de cela, il ne met pas en scène une bataille entre les gentils et les méchants.
Ceci dit, il y a des chances que la partie ‘recherche de ses origines’ soit réservée pour un second volet, un peu à la The Bourne Supremacy…
Donc pour résumer, bonne adaptation (on se croirait dans le jeu), avec un scénario qui péche pas mal, et dans lequel la présence de la police et de la fille sont largement dispensables…
PS : c’est peut être mon imagination qui me joue des tours, mais j’ai bien eu l’impression de voir une référence à Léon dans la scène où 47 se douche au début, avec le méga plan du pommeau de douche vu de dessous… Mais peut être que je me trompe, il me faudrait revoir Léon ![]()